#WeAreTheOrca

14 septembre 2018

De paradis des orques à enfer pour les orques.

Aux orques résidentes du sud de San Juan Islands alias les épaulards de la mer des Salish.

Prologue

San Juan est la ville principale de l’archipel des îles San Juan, célèbre pour l’observation des orques. San Juan se situe dans la mer des Salish au nord-ouest des États-Unis dans la baie entre Seattle, Vancouver et l’île de Vancouver.

 

 

Comment aller à San Juan ?

Voir les orques à San Juan était un rêve que je ne pouvais pas laisser s’échapper en vivant 1 an à Vancouver. Avec ma copine Laure, nous chargeons la voiture pour un roadtrip et faire la traversée jusqu’à l’État de Washington. Depuis Vancouver, il faut d’abord se rendre sur l’île de Vancouver à Sidney (oui, vous avez bien lu c’est aussi une ville de la Colombie-Britannique) où se trouve le terminal du ferry qui part en direction de Friday Harbor. Au terminal du ferry à Sidney, nous passons la frontière américaine sans difficulté, il faut prévoir un nom d’hébergement sur place, un passeport, l’ESTA et la somme de 6$ pour traverser la frontière par la terre.

Nous embarquons à bord d’un ferry de l’Etat de Washington qui assure la liaison entre Sidney (Colombie-Britannique – Canada) et Friday Harbor (San Juan Island – États-Unis). Dès la traversée nous en prenons plein les yeux, nous sommes fascinées par les paysages et rivages authentiques du Nord-Ouest Pacifique. Nous traversons les bassins des détroits de Géorgie, de Juan de Fuca et Puget Sound, conjointement désigné mer des Salish.

Où voir les orques à San Juan ?

Arrivées sur l’île de San Juan, nous nous dirigeons vers Lime Kiln Point State Park, alias, le Whale Watch Park, le point stratégique sur l’île pour observer les orques. Nous marchons le long du parc jusqu’au phare de Lime Kiln et nous asseyons pour patienter jusqu’au repérage d’une orque.

Depuis Vancouver, on peut observer :

  • Les orques résidentes du sud
    En 2018 : on en dénombre 74, elles sont déclarées en voie de disparition et sont observées à la pointe sud de l’île de Vancouver et au nord de l’état de Washington dans les détroits de Haro, de Géorgie et de Juan de Fuca.
  • Les orques résidentes du nord
    En 2017 : on en comptait 307*, elles sont menacées et sont observées dans les détroits de Johnstone et de Reine-Charlotte. Mon expérience à Telegraph Cove avec les orques résidentes du nord. Retrouver ici mon expérience avec les orques résidentes du nord à Telegraph Cove.

* Source

Au moindre remous de l’eau, nous nous agitons d’émotions. J’immortalise ce silence et cette ambiance que nous savourons jusqu’au coucher de soleil pour ne pas perdre une miette du spectacle que les orques pourraient nous offrir.

La luminosité a disparu, nous nous couchons le coeur serré en se disant qu’il nous reste une autre opportunité de voir les orques le lendemain.
Nous nous réveillons à l’aube face à la mer avec de grands yeux d’enfants. Nous fixons l’horizon longuement et espérons voir soudainement une orque.
Le temps défile, nous sommes que de passage, il faut retourner sur nos pas sans laisser de traces et se rendre au ferry.

 

San Juan, 

J’ai été instantanément frappé par la beauté de ta nature brute, authentique et sauvage. Je retournerai voir les orques que nous aurons sauvées tous ensemble avec #wearetheorca et explorer ce paradis sauvage !

À San Juan, je n’ai pas vu d’orque.

Et nous n’en verrons peut-être plus jamais.
J’ai attendu les orques ici et les orques résidentes du nord à Telegraph Cove des jours, deux endroits réputés pour être des « paradis des orques » et je n’en ai pas vu. Mes expériences témoignent un impact réel des menaces que les orques subissent. Les orques résidentes du sud sont en danger critique d’extinction. Ce n’est clairement plus le paradis des orques mais, l’enfer pour les orques. Il faut agir maintenant pour les aider à survivre.

#Wearetheorca

#WeAreTheOrca est un mouvement initié par Coextinction et connu du grand public francophone grâce à @littlegypsyblog pour comprendre et agir pour protéger les orques et leur écosystème. Coextinction est un documentaire qui vise à sensibiliser le grand public à la protection des orques résidentes du sud et à multiplier les actions de préservation de l’espèce. Ils font un travail extraordinaire ! Retrouvez toutes les informations sur le site.

Comment sauver les épaulards de la mer des Salish ?

1) Détruire les barrages : La survie des orques dépend du saumon. La population de saumons s’est dégradé à cause des barrages. Il y a 4 barrages qui empêchent la migration des saumons vers leur revière d’origine qui ont besoin d’y revenir pour se reproduire. Environmental Impact Statement a déclaré que la destruction des 4 barrages de la Snake River serait la meilleure solution pour récuperer des saumons sauvages. L’opération en cours est #FreeTheSnake et vous pouvez aider en signant la pétition ici.

2) La pollution : Premièrement la pollution sonore provoque la disparition des orques. Le bruit des moteurs interfère avec la communication des orques et perturbe leur capacité à localiser leurs proies par écholocation. Deuxièmement, la pollution contribue au réchauffement climatique (voir point suivant). Il y a un projet d’expansion de la Trans Mountain Pipeline qui transporte du pétrole, si ce projet passe, le trafic va s’aggrandir à 7 fois plus de cargos. L’opération en cours est #NoTMPL et vous pouvez aider en signant la pétition ici

3) Changement climatique : Le changement climatique implique un changement de température de l’eau et affecte le saumon. La température de l’eau est trop élevé pour que les saumons s’y reproduisent. Si le projet précédent s’aggrandit, il existe un énorme risque de déversement de pétrole et d’intensifier le réchauffement climatique dans la mer des Salish. 

4) Elevage industriel : La pisciculture du saumon atlantique est présente en Colombie-Britanique. Le saumon de pisciculture affecte le saumon sauvage et transmet des parasites, des virus et des bactéries. L’élevage du saumon d’Atlantique représente un danger pour les saumons locaux et dégrade l’écosystème marin. Sea Sheppherd a démontré que 100% de la population de saumons de leur échantilonage est contaminée par le virus « piscine orthoreovirus ». L’état de Washington a déjà interdit l’élevage de saumon d’Altantique mais pas encore la Colombie-Britanique, c’est la seule région qui n’a pas encore interdit le saumon industriel dans le Pacifique nord-ouest. Sea Shepperd invoque que cette cause pourrait être la raison de la mort du bébé orque que sa maman, J35, a trainé pendant 17 jours. Vous pouvez aider en soutenant les actions de Alexandra Morton qui se bat contre les fish farms ici et Sea Shepperd ici et en utilisant #GetTheFishFarmsOut.

5) Soutenir la campagne #WECANBEHEROES lancé par Little Gypsy et ses amis à San Juan face à la situation alarmante en faisant un don ici. Regarder la vidéo de la campagne ici.

Pas de saumon = pas d’orque
Elles n’ont pas le temps d’attendre pour des actions, elles ont besoin de changement MAINTENANT !

Les solutions au quotidien

La survie des orques dépend du saumon.

Au quotidien, il faut consommer responsablement.

1) En UE : Acheter des produits certifiés MSC ou ASC pour ne pas consommer un saumon menacé d’extinction.
Au Canada, si vous êtes justement de passage à Vancouver, le label est OceanWise. Le produit de la mer est pêché ou cultivé de manière à maintenir ou accroître sa population à long terme sans mettre en péril la santé ou la stabilité des divers écosystèmes marins.

2) Contrôler les étiquettes des produits. En UE, nous avons le droit de connaître la provenance du saumon, son nom complet, où et comment le poisson a été péché où élevé. La pêcherie soutient-elle la pêche locale avec un petit bâteau ? La pêcherie se soucie-t-elle de son impact écologique ? Je vous invite à regarder au-delà des labels de pêche durable pour savoir plus sur les aspects sociaux et humains.

3) Acheter du saumon adulte, car le jeune saumon n’a pas eu le temps de se reproduire.

4) Devenir végétarien.

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